L’État s’est retiré de ses responsabilités sociales et a transféré tout cela au secteur privé, qui ne s’intéresse à rien d’autre qu’aux profits. Pire encore, on constate que les grandes entreprises comme Maroc Telecom traitent les citoyens avec arrogance et mépris — et parfois même les institutions de l’État.
Ces jours-ci, Maroc Telecom nous bombarde de SMS nous invitant à acheter des cartes de recharge pour obtenir triple leur valeur lors du rechargement. Mais une fois les cartes achetées, Maroc Telecom a refusé — pendant trois jours — de les accepter lors du rechargement.
Comment appeler cela ?
Arnaque ? Escroquerie ?
Non. L’escroquerie demande un minimum de créativité et d’intelligence dans la tromperie.
Ce n’est ni une arnaque ni une escroquerie : c’est tout simplement du vol et de la hogra.
Et la plus grande hogra, c’est que lorsqu’on se plaint, on vous répond : “On ne peut rien faire pour vous, nous avons un problème technique.”
Il y a deux ans, Maroc Telecom voulait installer une antenne sur un immeuble. Les habitants du quartier ont organisé une protestation, et Hassan Merzougui est venu demander aux ouvriers de lui montrer l’autorisation d’installation. Ils ont refusé, et il les a arrêtés pendant deux jours.
Tout le monde s’est réuni au commissariat : le commissaire, les autorités, le responsable de Maroc Telecom, et le président de la commune.
Merzougui, en tant que maire, a demandé à voir l’autorisation.
Le responsable de Maroc Telecom lui a répondu avec arrogance :
“Par Dieu, personne ne la verra. Nous finirons notre travail, et si vous nous retardez, nous vous facturerons chaque jour de retard en millions.”
Sous la pression et les menaces, le maire n’a eu d’autre choix que de se retirer, sans avoir le droit de voir le moindre document.
N’est‑ce pas là du mépris, de l’arrogance et de la domination de Maroc Telecom ?
Oui, tout le monde sait qu’ils disposent de licences qui leur permettent de faire ce qu’ils veulent, de voler comme ils veulent, et de poursuivre qui ils veulent.
Mais qu’est‑ce que cela leur coûte de respecter le citoyen et le maire, et de lui montrer l’autorisation ?
Le temps du despotisme politique est révolu.
Nous sommes désormais dans le temps du despotisme des entreprises.
Amar Jalloul – 2013

