Personne à Ahfir n’ignore la personnalité d’Amar Meryato, dont la réputation est bien connue.
C’est un homme qui a marqué, à sa manière et par sa singularité, l’environnement de la ville. Sa grande étrangeté, son comportement hors du commun, et sa façon de vivre sans prêter attention à aucune règle ni pression, ainsi que sa spontanéité totale dans ses relations avec les gens et les événements, ont fait de lui une figure particulière.
Nous sommes face à un homme simple, naïf, souffrant de troubles mentaux, mais qui, malgré cela — ou peut‑être à cause de cela — jouit d’une grande popularité. Il attire la sympathie, la compréhension et l’affection de tous.
C’est réellement un homme bon, digne, doux, qui ne fait de mal à personne. Il parcourt la ville sans arrêt ni fatigue, mais refuse de tendre la main ou de demander l’aumône à qui que ce soit.
Malgré sa misère et sa pauvreté extrême, il ne se plaint jamais de son sort et ne montre rien de sa situation difficile. Il affronte la vie avec ce qu’il a, et cache sa souffrance derrière un rire qui ne s’éteint presque jamais, et une humeur joyeuse qui l’accompagne constamment.
Sa manière de rire, sa façon naturelle de parler, tout cela attire les gens vers lui. Ils l’invitent souvent à s’asseoir avec eux pour boire un café ou un thé, et parfois discuter de sujets sans début ni fin.
Amar accepte généralement ces invitations avec plaisir. Il les accompagne, parle avec eux, et ne manque jamais de leur offrir des remarques pleines de joie spontanée, de moquerie et d’ironie envers tout — qu’il soit insignifiant ou important.
Aujourd’hui encore, Si Amar Meryato continue sa vie bohème, paisible, parmi les siens.
J’ai entendu dire qu’il est devenu chef de famille.
Que Dieu l’aide à vivre dignement et à poursuivre son chemin parmi les gens.
Amr Belhassan – 23/04/2010

